Et si votre prochain visiteur planifiait son séjour sans jamais visiter votre site ?
N°19 - Brand USA, Visit California, Discover Puerto Rico... j'ai épluché ce qu'ils font avec Mindtrip et ce que ça nous apprend : stratégie, data, POI, visibilité, partenariats...
Ravi de vous retrouver pour ce nouveau numéro !
Publier un 1er avril… fallait le faire. Mais c’est garanti sans fake news, ni poisson :)
La bonne nouvelle du jour, c’est que vous êtes désormais 2 976 abonnés à cette newsletter. Bienvenue aux 106 nouveaux abonnés arrivés depuis le mois dernier !
On devrait atteindre la barre symbolique des 3000 ces prochains jours. Un grand merci à tout ceux qui relayent, ou ont relayé la newsletter 🙏
Au menu ce mois-ci :
Mindtrip : la plateforme que Brand USA et 35 destinations américaines ont adoptée. Et il faut que je vous en parle !
La vidéo du mois : Ask Maps
3 actus IA : Google, OpenAI, Claude
Et pendant ce temps, au Café…
Je continue d’affiner le format de la newsletter avec vos retours, prenez quelques secondes pour donner votre avis dans le sondage tout en bas :)
Allez, c’est parti ! ☕️
Mindtrip : la plateforme que Brand USA et 35 destinations américaines ont adoptée (ce que j’en retiens pour nous)
Je vous en avais déjà parlé en octobre dernier, dans le numéro sur les nouvelles expériences IA dans le voyage. J’avais testé, comparé avec TripAdvisor, TripGenie et Layla. Mon verdict de l’époque : prometteur mais encore limité sur la personnalisation et les données.
Depuis, les choses se sont accélérées. Et Mindtrip est devenu bien plus qu’un énième projet Travel IA.
Et je suis même en train de me demander si ce n’est pas la nouvelle plateforme voyage des années à venir ? Un peu comme l’avaient été Booking et Airbnb à l’époque…
Pourquoi cette comparaison ? Parce que c’est la première fois que je vois une IA qui planifie vraiment des voyages, avec une vraie infrastructure de distribution derrière et une vision globale : travel planner, tour-opérateur, hôtels, destinations. Tout ça réuni dans un seul produit, avec de gros acteurs pour soutenir le développement.
Et quand on voit l’engouement des destinations américaines pour l’adopter, ça pose question. Alors comme d’habitude, j'ai voulu creuser et je vous partage ce que j’ai trouvé.
Qui est Mindtrip ?
Born in the USA ! 🇺🇸 Sans trop de surprise, Mindtrip a été fondé à Palo Alto (ville mythique de la Silicon Valley) en 2023, par une équipe inhabituelle de 12 co-fondateurs : des serial entrepreneurs issus de Google, Microsoft et du secteur tech américain. On retrouve notamment le responsable de l’ingénierie Gmail chez Google et un ex-Microsoft Xbox. On a quand même rarement vu autant de co-fondateurs pour une startup.
Leur idée de départ ? Andy Moss, le CEO, le résume très bien dans une interview TechCrunch de septembre 2023 :
“Ce qui me manque vraiment, c’est d’avoir un agent de voyage. Il y a vingt ans, il y avait quelqu’un qui aidait vraiment à planifier un voyage.”
Et les chiffres lui donnent raison. En France, 86% des voyageurs organisent désormais leurs séjours eux-mêmes et seulement 27% passent encore par une agence, principalement pour les voyages complexes (L'Écho Touristique, 2024). C'est encore plus marqué aux États-Unis, où ce chiffre tombe à 12% (Statista, 2023).
Fort de ce constat, ils se lancent dans le développement de Mindtrip : une application web qui permet de planifier un voyage complet en conversant avec une IA. Vous décrivez ce que vous voulez, elle génère un itinéraire personnalisé avec hébergements, restaurants, activités et liens de réservation. Pas de formulaires, pas d'onglets à jongler. Juste une conversation. Une approche "AI-first" assumée, avec un vrai travail sur l'expérience utilisateur.
Et on peut dire que les fées sont nombreuses à se pencher au-dessus de son berceau. Deux ans après sa création, Mindtrip a levé 22,5 millions de dollars auprès d'investisseurs directement issus du secteur voyage et paiement, et pas des moindres : American Express, Capital One, United Airlines, pour n'en citer que trois.
Fast Company (le magazine de référence américain sur l’innovation tech) l’a même nommée parmi les entreprises les plus innovantes de 2025. Dans la même liste que Waymo (les voitures autonomes de Google), Nvidia (les puces qui font tourner toute l’IA mondiale) et Duolingo. Rien que ça.
Et les chiffres suivent : début 2026, la plateforme aurait dépassé le million de visites mensuelles.
Le cadre est posé.
Comment ça marche, concrètement ?
En simplifiant, Mindtrip fonctionne comme une pyramide à quatre couches. J'ai récupéré ce schéma dans le webinaire interne de Brand USA et je le trouve assez parlant.
À la base : le moteur conversationnel
Les grands modèles de langage, principalement ChatGPT. La partie qui interprète ce que vous tapez en langage naturel. Mindtrip ne communique pas précisément sur l’ensemble des modèles qu’ils utilisent, mais ChatGPT est clairement le principal. Il semble même y avoir un partenariat direct avec OpenAI.
2ème couche : la base de données propriétaire
11 millions de points d’intérêt, enrichis en temps réel : photos, avis, cartes, horaires, météo, événements. Des données intégrées directement depuis les sources partenaires, pas copiées depuis le web. C’est ce qui fait la différence avec un simple chatbot. Mais j’y reviens après, c’est LE gros sujet.
3ème couche : le contenu du partenaire institutionnel
Brand USA dans l’exemple du schéma. Le contenu éditorial de la destination au niveau macro, les grandes orientations, les campagnes de promotion. C’est la couche de l’organisme national ou régional.
Tout en haut : le contenu local du DMO
Contenu de proximité, partenaires prioritaires, faits clés du territoire. C’est la couche la plus fine. Et comme l’indique le titre même de cette slide : “Destinations Control the Narrative.”
Mindtrip appelle ça les “key facts” : des instructions prioritaires que la destination injecte pour s’assurer que certains sujets remontent systématiquement dans les réponses, même si le voyageur ne les a pas demandés. La durabilité, les artisans locaux, les expériences authentiques. Lynn Carpenter, SVP Marketing de Visit California, donne un exemple concret : quand elle raccroche après un appel avec un partenaire californien sur ses offres de la saison prochaine, cette information n’existe encore nulle part sur le web. Aucune IA ne peut la trouver. Vous seul pouvez la mettre.
Le résultat pour l’utilisateur : vous tapez “je veux un week-end à Annecy en mai, calme, avec un restaurant gastronomique à moins de 10 minutes”, et vous obtenez un itinéraire complet avec photos, carte interactive et liens de réservation. Sans ouvrir six onglets.
Ils viennent d’où ces 11 millions de POI ?
C’est LA question centrale et pas toujours facile d’avoir la réponse précise. Voici les sources confirmées officiellement par Mindtrip :
Google Maps - Localisation, horaires, photos
TripAdvisor - Avis clients, notes, photos
OpenTable / Resy - Réservations de restaurants en temps réel
Viator - Activités et expériences bookables
Priceline - Vols, hôtels, voitures
Sabre Mosaic - 420+ compagnies aériennes, 2M+ hébergements
Mais en naviguant sur la plateforme, j’ai aussi vu remonter des avis Michelin et des liens de réservation vers Expedia. Je ne connais pas la nature exacte de ces partenariats, mais c’est cohérent avec leur approche multi-sources.
🎡 Concrètement pour un prestataire touristique : si votre établissement est bien référencé et à jour sur Google Business Profile, TripAdvisor et Viator, vous avez de bonnes chances d’apparaître dans les réponses Mindtrip. Pas besoin de signer un contrat avec eux pour exister dans leur base.
Et nos datas à nous, elles sont où ?
Vous pouvez regarder à nouveau la liste des sources. Vous n’y trouvez ni DataTourisme, ni SIT régionaux, ni bases open data des collectivités territoriales.
Pourquoi ? Mindtrip est américain et ils n’ont probablement pas envie de s’embarrasser avec la complexité des bases institutionnelles européennes incomplètes ou pas assez qualifiées. En tout cas, ils ne semblent pas y être connectés pour le moment. Ils font le choix des bases commerciales internationales, alimentées par les comportements de voyageurs du monde entier. Voilà, voilà…
💡 Ce que ça veut dire : si votre offre n’existe QUE dans les bases institutionnelles françaises, elle est invisible pour Mindtrip. Et c’est valable pour les autres agents IA qui fonctionnent sur la même logique.
Mais ça veut dire autre chose aussi et c’est peut-être le plus important. Vous vous souvenez de la couche haute de la pyramide ? C’est la vôtre.
Le sentier de randonnée méconnu, le producteur local, la fête de village que personne d’autre ne documente mieux que vous : c’est ce contenu-là, spécifique, à jour, ancré dans la réalité du territoire, que les bases commerciales ne peuvent pas remplacer. Et je pense que Mindtrip l’a bien compris. C’est précisément pour ça qu’ils construisent leurs partenariats à ce niveau-là.
Que ce soit pour nourrir Mindtrip ou n’importe quel autre agent IA à venir, la priorité reste la même : Produire un contenu structuré sur ce que vous connaissez mieux que personne. C’est votre vraie valeur différenciante dans un monde où les grandes plateformes se partagent le reste. CQFD
J'ai retesté et voilà ce que j'en retiens
En octobre, j’avais testé Mindtrip sur un séjour en famille à Rome et j’avais identifié 3 limites principales : une interface qui commençait à s’encombrer, des données dont la provenance restait opaque, et une personnalisation qui devenait générique dès qu’on sortait des classiques.
5 mois plus tard, j’ai remis les mains dedans. Voilà ce qui a changé… et ce qui n’a pas changé.
Ce qui a évolué
La base de données est passée de 6,5 millions à 11 millions de points d'intérêt. Et surtout, la question des sources n'est plus aussi opaque : Mindtrip communique maintenant clairement sur ses partenariats de données (Google Maps, TripAdvisor, OpenTable, Viator, Priceline). C'est un vrai progrès sur la transparence.
L'expérience générale reste propre et fluide. Pas de page de résultats à parcourir, pas de filtres à cocher à l’infini (ils ont quand même gardé cette option en mode compact en haut de l’interface, pour ceux qui préfèrent. Pas inutile, ça permet de visualiser rapidement le contexte de sa recherche). Et surtout, pas de liste à puces interminable comme on en voit dans les résultats de ChatGPT & Co.
L’expérience utilisateur reste la même, on décrit ce qu’on veut en langage naturel, et la réponse arrive avec le contenu d’un côté et une carte interactive de l’autre. Photos, horaires, chaque point d’intérêt cliquable. Hôtels, restaurants, activités, lieux : tout s’affiche en mode écran partagé, avec un overlay au survol et le détail qui apparaît à droite. Ça paraît rien, mais c’est très efficace.
💡 Impression N°1 : pour une fois, on a l’impression que quelqu’un a réfléchi à ce que veut vraiment un voyageur, pas juste à comment afficher une réponse d’IA.
Ce qui n'a pas changé : la réservation reste le maillon faible
Dans la majorité de mes tests, le système m’a proposé des liens vers des sites affiliés pour finaliser (Booking, Expedia, TripAdvisor, Viator...). Certains hôtels disposent d’un bouton “Book on Mindtrip” pour une expérience sans couture, en partenariat avec Priceline. Mais ce bouton n’apparaît pas systématiquement, même quand l’hébergement est référencé chez Priceline. Vraisemblablement lié à des accords spécifiques.

Et dommage qu’il faille redonner certaines informations (notamment le nombre de personnes) au moment de vérifier les disponibilités. L’expérience reste encore fragmentée à ce stade.
IMPORTANT : Le partenariat Sabre/PayPal annoncé pour le Q2 2026 est justement censé régler ça. J’en parle un peu plus bas.
L'accumulation de fonctionnalités
J’en parlais déjà en octobre et c’est toujours le cas. L’accumulation de fonctionnalités commence à peser sur l’expérience par endroits. Les boutons “carte” qui se multiplient, certaines sections où on s’y perd un peu... Un léger côté usine à gaz qui émerge. À surveiller à mesure qu’ils continuent d’ajouter des features. Je dis ça, je dis rien… ;)
Start Anywhere™ : la fonctionnalité la plus utile
Le principe : vous collez n’importe quel contenu (un post Instagram, une vidéo TikTok, un article de blog) et Mindtrip en extrait les lieux pour construire un itinéraire.
J’ai récupéré l’URL d’un post Instagram d’une famille en road trip et je l’ai collé dans le champ correspondant. En quelques secondes, le système m’a généré l’intégralité du périple de 15 jours au Québec : chaque lieu mentionné ou évoqué, placé sur carte, listé et organisé. Ce qui m’aurait pris plusieurs minutes de recherche manuelle, fait en quelques secondes.
Est-ce que c’est parfait ? Non. Ça a fonctionné 3 fois sur 5 dans mon cas. Et tous les lieux identifiés n’ont pas été correctement ajoutés dans mon carnet de voyage (bien ajouté dans ma conversation mais pas dans la section “Trip”). Il reste encore un peu de travail.
Mais l’idée est vraiment bien pensée. Et le début de réalisation est suffisamment solide pour qu’on comprenne où ils veulent aller.
💡 Impression N°2 : c’est probablement la fonctionnalité qui a le plus de potentiel pour transformer la façon dont les gens planifient un voyage à partir de contenus inspirationnels. Pour les destinations qui produisent du contenu social, la question se posera tôt ou tard : est-ce que mon contenu est exploitable par ce type d’outil ?
Cas d’usage : Les destinations américaines intégrent Mindtrip
Mindtrip ne vend pas seulement aux voyageurs. Ils ont lancé Mindtrip for Business : un widget IA qu’une destination, un office de tourisme ou un hôtel intègre directement à son site existant. Le visiteur arrive, clique, une conversation s’ouvre. Il décrit ses envies et Mindtrip génère un itinéraire personnalisé sans que le visiteur quitte le site.

Et ça marche. Plus de 35 destinations ont signé : Brand USA, Visit California, New Orleans & Company, Discover Puerto Rico... La liste s’est allongée d’environ un nouveau partenariat par semaine entre juillet et novembre 2025.
La plateforme est aujourd’hui quasi exclusivement déployée aux États-Unis, avec quelques premières incursions dans les Caraïbes (Bahamas, British Virgin Islands, Puerto Rico, Costa Rica) et un premier partenariat canadien (Visit Atikokan, Ontario). Aucune destination européenne à ce jour.
Brand USA : premiers chiffres et retours d’expérience
En juin 2025, Mindtrip a intégré son outil dans le site “America the Beautiful” de Brand USA. J’ai mis la main sur le compte-rendu d’un webinaire interne où ils ont partagé les résultats et c’est très instructif.
Le taux d’engagement avec un outil IA sur un site touristique, dans l’industrie : 3% en moyenne. Sur le site Brand USA avec Mindtrip : entre 6 et 18% selon la source de trafic. (Brand USA définit l’engagement IA comme 2 clics sur des CTAs dans une même visite, ou un clic plus un message utilisateur. L’objectif : mesurer une vraie intention, pas la curiosité.)
Les visiteurs qui interagissent avec l’IA resteraient 3 fois plus longtemps sur le site.
Et un utilisateur italien a même engagé une conversation de 46 messages pour planifier un road trip de 14 jours au Texas. Hébergements atypiques, expériences western authentiques, shopping de matériel local. Le tout sur plusieurs sessions.
Ce n’est plus de la recherche d’information mais de la planification approfondie, portée par une IA qui commence à agir comme un conseiller voyage.
Et en Europe ?
Le projet commence à traverser l'Atlantique. Depuis novembre 2025, TUI est entré dans la danse avec un bouton “Book with TUI” directement dans l’interface Mindtrip. C’est la première incursion européenne côté distribution, pour l’instant limitée à quatre marchés : Belgique, Allemagne, Irlande et Pays-Bas. La France n’en fait pas partie pour le moment.
Ce n’est pas qu’un bouton, d’ailleurs. Mircea Tudose, directeur général Expansion Businesses chez TUI Markets + Airline, résume bien l’enjeu :
« Cela marque une nouvelle étape dans la distribution : les suggestions théoriques générées par l’IA deviennent une réalité commerciale. Ce partenariat nous apporte des informations précieuses et précoces sur la vente de voyages basée sur l’IA, ce qui profite à tous nos canaux de vente, qu’ils soient numériques ou physiques »
Avec l’arrivée de Sabre et Paypal, on change de division
Sabre (le système de réservation qui alimente une bonne partie des agences de voyage mondiales) + PayPal + Mindtrip annoncent un partenariat pour créer la première expérience agentique end-to-end du secteur. Vous décrivez votre voyage, Mindtrip planifie, Sabre accède à 420 compagnies aériennes et 2 millions d’hébergements, PayPal paie. Tout ça dans une seule conversation. La boucle est bouclée.
Lancement prévu au 2ème trimestre 2026. C’est demain.
Et si vous voulez tout savoir sur le rôle de Sabre dans l’IA agentique, ils seront présents à Next Tourisme le 4 juin à Paris (attention, le tarif Early bird se termine le 4 avril !).
Mon avis
Je me méfie toujours des effets d’annonce et des discours marketing. Mais là, je pense qu’il se passe vraiment quelque chose.
Ce qui distingue Mindtrip de la dizaine de “AI travel planners” apparus depuis 2023 et déjà disparus, c’est la combinaison : données locales officielles + IA conversationnelle + distribution (TUI, Sabre, PayPal) + programme créateurs + rachat de Thatch en mars 2025 (la plateforme de référence des créateurs de guides de voyage experts, qui apporte une communauté établie et un positionnement authenticité que les bases commerciales ne peuvent pas reproduire, et c’est précisément la couche haute de la pyramide). Séparément, chacun de ces éléments existe. Ensemble, dans une infrastructure qui grossit vite, c’est une autre affaire.
Ce qui me retient d’être (trop) euphorique :
Aucun partenariat européen à ce jour
Aucun DMO français, allemand, espagnol, italien
La plateforme est en anglais
La conformité RGPD n’est pas documentée publiquement
Et les tarifs sont opaques : pas de grille publiée, du “contactez-nous” pour les 3 formules disponibles
Autrement dit : Mindtrip arrive, c’est une certitude avec le partenariat Sabre. Mais on ne sait pas encore sous quelle forme, ni à quelle vitesse, ni à quel prix pour une structure touristique européenne.
À suivre de très près !
Et pour vous, concrètement ?
La vraie question n’est pas “est-ce que Mindtrip va réussir ?” mais : est-ce que vos données sont prêtes pour ce type de plateforme ?
Parce que Mindtrip, comme les agents IA en général, fonctionne sur ce que vous lui donnez à lire. Si vos horaires sont à jour, vos tarifs lisibles, vos descriptions structurées et vos avis clients authentiques, vous avez une chance d’apparaître. Sinon, un agent vous écarte de sa réponse sans vous prévenir. Et contrairement à Google, il n’y a pas de Search Console pour surveiller ça.
Mon avis : Ce qui m’intéresse autant que Mindtrip lui-même, c’est ce qu’il nous permet de voir : concrètement, en temps réel, ce vers quoi toute la filière se dirige. Que ce soit Mindtrip, Gen4Travel (la réponse européenne ?) ou un autre agent IA qui s’impose demain, les problématiques seront largement les mêmes et beaucoup des solutions aussi. Autant commencer à y réfléchir maintenant, pendant qu’on a encore le temps de choisir.
Vous vous souvenez de l’arrivée de Booking ? Expedia ? “Ce n’est pas pour nous. Nous c’est différent. Les gens passeront toujours par nous.” On connaît la suite.
La différence cette fois : c’est plus rapide. Et on a l’avantage de voir arriver le mouvement avant qu’il ne soit trop tard pour s’y préparer.
🔭 Mindtrip for Business : guide pratique pour les professionnels du tourisme français
Mindtrip, les agents IA et ce que toute la filière touristique française doit comprendre maintenant.
Pour préparer ce numéro, j’ai rassemblé bien plus de matière que ce que la newsletter peut contenir (et pourtant c’est déjà bien chargé) : webinaires internes Brand USA, podcasts exclusifs avec les équipes de Visit California, Discover Puerto Rico et la CMO de Mindtrip, pages non indexées, comptes-rendus de partenaires américains...
Et j’ai décidé d’en faire un dossier complet, par type d’acteur. Opérationnel, concret et actionnable.
Offices de tourisme et destinations : pourquoi Data Tourisme est invisible pour ces plateformes, et quel contenu vous seul pouvez produire pour occuper la couche haute de la pyramide.
Hôtels : ce que Mindtrip for Hotels fait concrètement, et pourquoi votre fiche Google Business Profile est devenue votre interface principale avec les agents IA.
Agences et tour-opérateurs : ce que le partenariat Sabre/PayPal change pour la distribution, et ce qui distingue encore une agence d’un algorithme de planification.
Travel planners : le programme créateurs Mindtrip décortiqué pour monétiser votre expertise sur la plateforme.
Prestataires d’activités : Viator, la question de la commission, et les leviers alternatifs.
Pour tous : le point RGPD, et la réponse européenne souveraine qui se construit avec Gen4Travel, Accor, Amadeus et MistralAI.
Pour la première fois, je ne vais pas l’envoyer directement à tout le monde. J’ai mis beaucoup de temps sur ce travail (et je suis en train de le finaliser) et je veux le réserver à ceux qui ont des décisions stratégiques à prendre sur le terrain : une destination à promouvoir, un hôtel à remplir, des voyageurs à convaincre, une expertise à valoriser…
Pour y accéder, dites-moi simplement qui vous êtes et où vous travaillez. C’est gratuit et disponible dans les prochains jours. Je prends connaissance de chaque demande avant.
🎬 La vidéo du mois
Google Maps parle
Le 12 mars, Google a lancé Ask Maps, un bouton dans Google Maps qui vous laisse poser des questions en langage naturel : “Un endroit calme pour déjeuner avec un client, Wi-Fi correct et menu végétarien à moins de 10 minutes”. Résultats personnalisés, intégration Gemini, en temps réel.
Google Maps devient lui aussi un moteur de recommandation conversationnelle, aligné sur la même logique que Mindtrip. Sauf que là, c’est dans l’app que 1,5 milliard de personnes ouvrent chaque semaine.
💡 Pourquoi c’est important pour vous : Ask Maps s’appuie sur vos avis, vos photos, votre fiche Google Business Profile. Un profil incomplet ou vieillissant, et l’algorithme vous écarte au profit du concurrent qui a mieux soigné les siennes. La bonne nouvelle : les leviers d’action sont exactement ceux qu’on évoque dans le dossier Mindtrip.
Mes 3 actus IA
1. Google brevette le remplacement de vos pages web
Le 27 janvier 2026, Google a obtenu un brevet intitulé “AI-generated content page tailored to a specific user”. Ce que ça décrit : un système qui évalue votre page en temps réel et, si elle ne performe pas assez bien pour un utilisateur donné, la remplace par une version générée par IA à la volée. L’utilisateur ne voit jamais ce que vous avez construit. Il voit ce que Google pense qu’il devrait voir.
Pour l’instant, c’est un brevet, pas un déploiement annoncé. Ce qui retient quand même l’attention : le document précise que ce lien de substitution “peut apparaître dans un contenu sponsorisé”. Sans préciser comment ça serait facturé ni ce que ça implique pour l’annonceur.
Mon avis : Je me méfie des interprétations que l'on peut faire de ce type d'info. Rebuilder chaque page à la volée pour chaque utilisateur représente un coût de calcul considérable. Ce qui semble plus probable : une fonctionnalité publicitaire, une option de plus dans Google Ads pour optimiser vos landing pages via IA. À surveiller.
2. OpenAI ferme Sora : et c’est une bonne nouvelle
Le 25 mars, OpenAI a annoncé la fermeture de Sora. Les chiffres : 15 millions de dollars par jour à faire tourner, 2,1 millions de dollars de revenus sur toute sa durée de vie. Disney, qui avait investi 1 milliard de dollars en décembre pour intégrer ses licences Marvel, Star Wars et Pixar à la plateforme, se retire dans la foulée.
Mon avis : En décembre, je vous disais que ce partenariat était “une surprise que je n’avais pas vue venir”. 3 mois plus tard, il n’existe déjà plus. Et c’est plutôt un soulagement en fait. J’avais testé Sora à l’ouverture avec un cas d’usage tourisme, pas grand chose de réellement exploitable. La leçon : l’IA utile n’est pas forcément l’IA spectaculaire. Et on dirait que le marché a tranché. Tant mieux.
3. Claude peut maintenant utiliser votre ordinateur
Annoncé le 24 mars, Claude peut désormais prendre le contrôle de votre ordinateur. Vous lui envoyez une instruction depuis votre téléphone, il ouvre les applications, navigue dans votre navigateur, remplit des tableurs, prépare des documents. Disponible en “research preview” pour les abonnés Claude Pro et Claude Max sur macOS.
C’est l’étape d’après dans l’IA agentique : l’outil ne répond plus, il agit.
Mon avis : Je teste depuis quelques jours. Je vous en reparle le mois prochain, parce que Claude mérite bien un numéro entier. Rendez-vous le 6 mai…
Pendant ce temps, au Café...
2 articles du site qui tombent bien avec ce numéro :
IA & emploi dans le tourisme : ce ne sont pas les métiers qui disparaissent, ce sont des tâches. Et la vraie bataille, c’est la donnée. Un article que je vous avais partagé le mois dernier et qui résonne encore plus fort après ce dossier Mindtrip. → Lire l’article
Mistral AI et le tourisme : pendant qu’on parle de réponse européenne souveraine avec Gen4Travel, voilà un guide complet sur ce que Mistral peut faire concrètement pour les pros du tourisme aujourd’hui. → Lire le guide
💬 Donnez votre avis
J’ai testé une nouvelle structure : un dossier complet directement dans la newsletter, une vidéo, 3 actus et les articles récents. J’aimerais savoir ce que vous en pensez…
Si ce numéro vous a été utile, laissez un petit 💚 et partagez-le à un collègue qui en aurait besoin.
Le mois prochain, on parle de Claude. Ce qu’il est devenu, comment je l’utilise, et ce que ça change concrètement pour les pros du tourisme. Ça va être dense (et j’espère que vous aurez votre café sous la main).
On se retrouve le mercredi 6 mai.
— Nicolas ☕️















Super intéressant Nicolas! Est-ce qu'il peut être pertinent de créer du contenu sur MindTrip en utilisant le programme Mindtrip Creator? Ou de faire des collaborations avec des créateurs qui sont déjà dans ce programme?
https://mindtrip.ai/creator-program